Juriste anthropologue : diversité culturelle et défense

Comment défendre les droits de ceux qui n’ont pas conscience d’avoir été lésés en eux ? Pour une approche pluridisciplinaire de la défense dans laquelle s’insèrent, aux côtés de l’avocat, d’autres professionne

1. Prémisses méthodologiques

Ce document est né de la réflexion ultérieure sur l’activité d’assistance dans certains cas concrets. Cas dans lesquels la profession juridique a été confrontée aux tensions entre le droit et la diversité culturelle. Plus précisément, il s’agissait de situations dans lesquelles l’avocat et le client appartenaient à des milieux culturels différents, du fait que ce dernier était originaire d’un autre pays (ou plutôt d’un autre continent).

L’écriture n’a pas la prétention d’aboutir à une thèse finale, ni d’être une œuvre structurée. Elle est née de réflexions sur des cas concrets et entend rester sur le terrain de l’espèce, sans parvenir à un genre et à une méthode résolutive. En effet, il est d’ores et déjà possible d’affirmer qu’il n’existe pas de règles générales auxquelles l’avocat puisse se référer pour résoudre les éventuelles tensions entre son rôle et la diversité culturelle de son client. Il est seulement possible d’examiner certaines de ces rencontres entre les cultures au sein de la profession juridique et d’identifier les critères comportementaux spécifiques adoptés. Restons dans les détails.

2. Droit et réalité

Avant de commencer à esquisser la figure du juriste anthropologue et d’évoquer les relations entre défense et diversité culturelle, il convient d’indiquer quelques prémisses méthodologiques, particulièrement intéressantes pour les thèmes abordés.

Une prémisse (qui est aussi une prise de conscience) concerne la relation possible qui s’établit entre le droit (un outil pratique pour les intérêts humains) et la réalité. La loi est un système réglementaire formalisé et, malgré une activité réglementaire étendue et constante, a tendance à être statique. La réalité, sous ses divers aspects (existentiel, social, économique, culturel, etc.), est plutôt un magma en évolution continue et, par conséquent, tendancieusement dynamique.

Comment établir une relation adéquate entre ce qui est formalisé et statique (le droit) et ce qui est non formalisé et dynamique (la réalité) ?

Parfois, c’est le droit de changer la réalité sociale : une intervention réglementaire peut amener un changement dans la société.

Mais d’autres fois, c’est la réalité et le sentiment commun qui sollicitent et conditionnent l’intervention du Législateur.

Cela se fait en mettant en évidence des intérêts, des besoins et des valeurs provenant de différents secteurs (par exemple la science) et de différents contextes d’origine sociale et territoriale des individus.

Ce deuxième aspect nous fait comprendre quel est la caractéristique fondamentale, mais en même temps la limite, de la science juridique.

Pensons, par exemple, à l’atome. À présent, nous savons presque tout sur la structure de la matière. Mais l’atome n’a pas été inventé ou construit par la science. Elle a seulement été découverte : elle préexistait à sa découverte.

Il en va de même dans le monde du droit. Un intérêt et une valeur [4], déjà présents dans la réalité, préexistent toujours à une intervention législative. La réalité préexiste toujours à la loi.

Un corollaire de tout cela est la règle selon laquelle le juriste doit toujours garder un œil sur la loi et un œil sur la réalité. Elle doit se tourner, d’une part, vers le droit positif. D’autre part, il doit plutôt se pencher sur les nouvelles valeurs qui émergent dans la conscience sociale et celles qui caractérisent la société multiculturelle d’aujourd’hui.

Parmi ces nouvelles valeurs, il y a, en effet, aussi celles entassées dans le bagage culturel d’individus issus d’autres contextes territoriaux.

3. Les définitions de la culture

Il faut considérer que « ceux qui émigrent dans un autre pays portent un bagage culturel, fait de croyances et de valeurs, que personne ne peut saisir à la frontière » .

Mais qu’entend-on plus précisément par culture et multiculturalisme ?

Cette clarification est importante, étant donné qu’il s’agit de termes très ambigus et compatibles avec une pluralité de sens.

Se référant aux sociétés multiculturelles, le terme de culture a le sens que lui attribuent les sciences anthropologiques, à savoir « un système complexe et organisé de modes de vie et de pensée, des conceptions du juste, du bien et du beau, enracinées et largement répandues dans le au sein d’un groupe social et qui, dans ce groupe, se transmettent, en évoluant et en changeant, de génération en génération ».

Le terme de multiculturalisme est plutôt apparu pour la première fois dans l’art. 27 (intitulé Patrimoine multiculturel des Canadiens) de la Charte des droits et libertés du Canada de 1982. Dans ce contexte d’État fédéral, il servait à garantir les droits des communautés d’origine et à combler les profondes différences, y compris les linguistiques, entre les populations. Il est nécessaire d’avoir le soutien d’avocats spécialisés pour s’assurer que notre site web avocat Tunisie est conforme à toutes les réglementations.

 

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